© Marie Elaine Lalonde

RECHERCHE-CRÉATION 

État de la recherche

Avril-Decembre 2016

Dans le cadre de mes études à la maitrise en arts visuels et médiatiques, mon projet de recherche-création porte sur la réalisation d’une installation issue d’une réflexion sur les structures cristallines. 

 

En regroupant plusieurs composantes inspirées de celles-ci, ma recherche porte un regard sur la transformation de la matière et les conditions de perception influençant nos conceptions du visible. 

 

Réflexion sur la recherche AVRIL-DÉCEMBRE 2016 :

Le projet FAIRE PAYSAGE m’a amené à travailler au plus près de la matière minérale et à activer des phénomènes de cristallisation.  Ici, je ne défie plus le temps, il fait lui-même son œuvre.

 

À travers diverses expérimentations soit ; à partir de sel, de sulfate de cuivre et de sulfate de magnésium, l’observation du phénomène de cristallogenèse m’a fait prendre conscience de l’activité inhérente de la matière minérale qui n’est pas aussi inerte qu’on le croit. 

 

Jours après jours, étonnement après étonnement, j’ai scruté les différentes phases de cristallisation ainsi que la progression d’efflorescence sur les parois.  Les forces motrices de la cristallogenèse entrainent le passage d’un état désordonné à un état ordonné.  

 

Par l’évolution de ce chaos primordial vers une forme organisée, il me semblait assisté à un modèle réduit et accéléré du Big Bang ; où l’expansion de l’univers fait place à une contraction.

 

Bien que la croissance de chaque cristal commence par un germe qui initie sa forme future et par lequel s’amorce son organisation structurelle, celle-ci est influencée et assujettie aux conditions de son environnement. Son déploiement autant formel que temporel est, en ce sens, indéfini et indéterminé. 

Par l’observation de cette opération de transformation de la matière, la cristallogenèse m’apparut en tant qu’une concrétisation visible issus de processus de forces invisibles. 

 

Or, il me semblait que, dans l’intervalle entre chacune des phases, quelque chose d’essentiel, d’insaisissable m’échappait. 

 

Ou pour reprendre les mots de Didi-Hubermann : " On a souvent l’impression que, dans une métamorphose, l’essentiel nous manque aussi, l’essentiel de la durée, du changement, de la plasticité et du dépli des formes ". [1]

 

[1] DIDI-HUBERMANN, G. (2013). Phalènes : essais sur l’apparition, Paris : Éditions de minuit.