L'Éclat, CDEx
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L'ÉCLAT

-CDEx- 2017

« L’éclat n’est pas une qualité stable de l’objet: il dépend de la marche du spectateur et de sa rencontre avec une orientation lumineuse toujours singulière, toujours inattendue.  L’objet est là-bas, certes, mais l’éclat vient à ma rencontre, il est un événement de mon regard et de mon corps, le résultat le plus infime -intime- de mes mouvements »        

        - G. Didi-Huberman, 2001.

 

L'Éclat

Suite aux réflexions des expérimentations du Miroir d'images, Miroir de lumière, cette phase d’expérimentation s’engage dans une mise en espace plus éclatée. Des téléidoscopes tranchés obliquement ainsi que des polyèdres éclatés offrent de nouvelles perspectives: leurs reflets ne sont plus contenus dans le volume prismatique, mais les facettes se projettent en partie ou en totalité dans l’espace environnant. 

Une source lumineuse disposée au sol à hauteur des téléidoscopes est dirigée afin que son faisceau se propage à l’intérieur de ces structures et permette à ces dernières, de participer à la redistribution d’éclats multipliés de lumière dans l’espace. Autrement, cette source de lumière qui rase leurs volumes extérieurs accentue leurs angles et arrêtes, découpe leurs surfaces d’ombre et de lumière et produit des ombres portées. Par l'intensification de leur géométrie, les structures contrastent d’autant plus parmi le foisonnement de reflets lumineux à la fois flottants et imprécis.

Les surfaces irrégulières des retailles de miroirs au sol viennent, quant à elles, complexifier l’installation. En effet, selon la disposition du visiteur, le reflet de chacun des miroirs donne à voir soit une réflexion éblouissante de la lumière, soit une réflexion d’un fragment architectural (partie du plafond, partie du mur) de sorte que la géométrie irrégulière des surfaces réfléchissantes et la géométrie de l’architecture s’interpénètrent.

 

En fonction du déplacement du visiteur, les réflexions mutent et évoluent: elles offrent à l’ensemble une expérience cinétique. Les retailles de miroirs semblent s’intriquer au sol en offrant alternances entre sensations de perforation et de flottement.

 

L’intrication du lieu s’effectue également à un autre niveau, les surfaces architecturales deviennent surfaces de réception aux éclats lumineux exercés par les retailles. Dans une sorte de mise en abîme, ces éclats de lumière réfléchis sur les murs se retrouvent, selon certains angles, reflétés à même les fragments de miroirs. En somme, le morcellement des éléments complexifie la situation: les relations de cause à effet se brouillent. L’installation et le lieu sont fusionnés.

 

L’ensemble se résume en un couplage matériel-immatériel, reflets-ombres, précision-éclatement, volume-surface, construit-déconstruit, ordre- désordre.

 

Dans cet amalgame, le concept d’éclat devient signifiant. Il peut tout autant signifier « [le] fragment violemment détaché d'un corps que l'on brise » que « [le] caractère lumineux d'une chose » ou « [l’] intensité de la lumière réfléchie par un corps brillant » [1]

 

[1] Définition du mot « Éclat » du CNRTL