© Marie Elaine Lalonde

L'ILE, LE GLACIER, LA RIVIÈRE, 2015

En amorce de ce projet; une photographie de glace, une pierre tranchée et une planche de merisier.  Ces trois éléments, ayant en commun des aspects linéaires (cernes de cristallisation de la glace, anneaux de croissance du bois, stratification de la pierre), nous témoignent de leur croissance matérielle et nous informent de temporalités aussi transitoires que millénaires.  Composés selon des conditions d’élaboration et à partir de matières puisées à même le lieu de leur formation ; la glace, la pierre et le bois renferment en quelque sorte une mémoire ; ils conservent, pour ainsi dire, les marques du temps et du lieu.   

 

En considérant ces fragments de lieux en tant que micro-territoire à cartographier, j'ai attribué pour chacune des cernes de croissance un degré d’élévation topographique ou d’une valeur frontalière. L’interprétation de ces données, transposée en un matériau usiné, a permis de générer des ouvertures et/ou bas-reliefs dont l’évocation formelle rend écho à une représentation fictive du territoire d’où ces objets sources proviennent.  En ce sens, la glace renvoi à une île ; la pierre, au glacier ; le bois, à une rivière.

 

Il s’en dégage un témoignage mnémonique, comme si, chacun des éléments nous révélaient leur formation, leur temporalité, leur origine.